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Logement social en Côte d’Ivoire : 42 milliards FCFA pour 4 300 logements, un nouveau chapitre d’une longue ambition nationale

  • il y a 5 minutes
  • 3 min de lecture


La Côte d’Ivoire poursuit sa politique d’accès au logement avec un nouveau programme de construction de logements sociaux et économiques. Le gouvernement vient de ratifier un accord de prêt de 42 milliards FCFA destiné au financement partiel de ce projet qui prévoit la réalisation de 4 300 logements répartis entre Abidjan, Yamoussoukro et Bouaké. Une ambition qui rappelle les grands programmes d’habitat lancés dès les premières années de l’indépendance sous le président Félix Houphouët-Boigny, notamment les ensembles de logements économiques destinés à accompagner la croissance urbaine du pays.


4 300 logements répartis dans trois grandes villes ivoiriennes



Lors du Conseil des ministres du 5 août 2026, le gouvernement ivoirien a annoncé la ratification d’un accord de prêt d’un montant de 42 milliards FCFA pour accompagner la réalisation d’un programme de construction de 4 300 logements sociaux et économiques.

Ce projet concerne plusieurs pôles urbains stratégiques :

  • 2 360 logements à Abidjan

  • 420 logements à Yamoussoukro

  • 1 520 logements à Bouaké


La phase 4 du programme porte notamment sur la construction de 840 logements à Bouaké, accompagnés d’infrastructures sociales connexes.

Au-delà de la production de logements, le programme prévoit également la viabilisation de trois sites représentant environ 30 hectares, avec l’objectif d’améliorer l’accès aux équipements essentiels et de favoriser des modes d’accession adaptés aux ménages à revenus modestes.



Le logement comme outil de construction nationale après l’indépendance


220 logements Adjamé. Image d'archive: archigenie afrik
220 logements Adjamé. Image d'archive: archigenie afrik

La question du logement n’est pas nouvelle dans l’histoire urbaine ivoirienne. Dès

les années 1960, après l’indépendance du pays, le gouvernement du président Félix Houphouët-Boigny fait du développement urbain et de l’habitat un des piliers de la modernisation nationale.


À cette époque, la Côte d’Ivoire connaît une forte croissance économique et démographique, particulièrement à Abidjan.


L’explosion urbaine impose alors de répondre à une question majeure : comment loger une population en croissance tout en construisant une ville moderne ?


L’État met progressivement en place des programmes d’habitat destinés aux différentes catégories sociales, notamment à travers la construction de logements économiques accessibles aux classes moyennes et aux populations actives.

Parmi ces opérations emblématiques figurent les 220 logements, un ensemble résidentiel devenu un symbole de cette période. Conçu comme un programme de logements économiques, cet ensemble traduit la volonté des autorités ivoiriennes de proposer une offre résidentielle planifiée, avec des logements adaptés aux besoins des ménages et intégrés dans une logique de développement urbain.


Des logements économiques aux nouveaux défis urbains


Les programmes d’habitat des années 1960 et 1970 répondaient à une période particulière : celle de la construction de la ville post-indépendance. L’objectif était alors de créer rapidement des quartiers structurés capables d’accompagner la croissance économique du pays.


Aujourd’hui, les enjeux ont évolué. La Côte d’Ivoire fait face à une urbanisation accélérée, notamment dans le district d’Abidjan, où la demande en logements reste très forte.


La production de logements sociaux et économiques ne concerne donc plus uniquement la construction de bâtiments, mais également la création de véritables morceaux de ville : accès aux transports, équipements scolaires et sanitaires, espaces publics, réseaux et services urbains.

Le nouveau programme des 4 300 logements s’inscrit ainsi dans une vision plus large : répondre au déficit de logements tout en développant des quartiers mieux intégrés aux dynamiques urbaines actuelles.


Une continuité dans la politique urbaine ivoirienne


Plus de six décennies après les premiers grands programmes d’habitat de l’après-indépendance, la question reste au cœur du développement national.

Des 220 logements aux 4 300 logements annoncés aujourd’hui, une même ambition demeure : permettre au plus grand nombre d’accéder à un habitat décent tout en accompagnant la transformation des villes ivoiriennes.

L’histoire du logement en Côte d’Ivoire montre ainsi une continuité entre patrimoine urbain, politiques publiques et évolution des modes d’habiter. Les défis actuels consistent désormais à produire davantage, mais aussi à concevoir des quartiers durables, accessibles et adaptés aux réalités sociales et environnementales du XXIᵉ siècle.


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